SYNOPSIS
Dans un futur proche, les humains ne peuvent plus avoir d'enfants. L'être humain le plus jeune sur Terre meurt. Dans ce monde de désespoir, une jeune femme est enceinte, la première depuis vingt ans. Theo Faron, sous l'impulsion de son ex-femme se chargera de sa protection dans cette Angleterre où les conflits d'intérêt sont multiples et dangereux…
AVIS PERSONNEL
« Le film d'anticipation de la décennie »*. Voilà une qualité que l’on est en droit de donner à ce film pour le moins impressionnant et intelligent.
A commencer par ses qualités techniques, notamment par les fameux ( et superbes) plans séquences qui nous démontrent à quel point ceux-ci sont d’une efficacité sans pareille et dignes de « rester à la mode ». Autre point technique intéressant: le son. Il rend le film très réaliste et plonge littéralement le spectateur dans l’action. Je pense, particulièrement à la scène d’ouverture où le sifflement auditif du personnage principal, du à l’explosion d’une bombe, l’accompagne jusqu’à son travail. Nous voilà renseigner sur son état ( il est choqué) et cela permet de faire une transition plutôt habile. Bravo.
A l’instar de l’intéressant « Minority report », « Children of men » ne regorge pas d’innovations techniques, quoique Spielberg ne s’est pas borné à présenter de multiples gadgets qui ne verront pas le jour. Bien au contraire la plupart d’entres eux existent réellement. Alfonso Cuaron a lui aussi répartie habilement ,mais de façon plus discrète, les innovations de demain ( telle que les publicités mouvantes sur les façades des bus, les indications de vitesse et d’impacts éventuelles désormais affichées sur le bas du pare-brise, les écrans nouvelles générations présents un peu partout et peu onéreux étant donné qu’ils ont leurs place dans les transports en commun - quel rêve!.
Le fond du film repose sur une multitude d’éléments qui s’entrecroisent tout au long de l'histoire et qui pour certains apparaissent à diverses reprises. Ce « tous » témoigne de la situation très critiques voire apocalyptique des grandes villes du monde et des sociétés en générales.
L’économie actuelle ou plutôt ses effets sur les pays pauvres atteints ses sommets à l’image de ces interminables cages humaines où s’entassent des dizaines et des dizaines d’immigrés que leur trop fort nombre a rendu les autorités « durs » envers elles. Ce ne sont plus des êtres humains que l’on traîne dans ces immenses camp de réfugiés ( de véritables ghettos où s’entassaient jadis ,dans l’une de nos époques, d’autres ennemis des nations) mais des insectes. Pour donner le change le gouvernement distribue des kits de suicide rapides ( une pilule ainsi qu’une musique douce et entraînante à la fois) à ses « loyaux » citoyens. Pour lutter contre l’insécurité totale ( immigrés et autochtones furieux du comportement de leurs gouvernements et créateurs de vastes réseaux de résistance pour aider les immigrés) rien de mieux que d’installer de solides grilles aux fenêtres des transports en communs. Mais les risques d’attentats ne sont pas pour autant écartés. Mais tout ceux-la ne compte pas pour la partie aisée de la population qui vit dans le calme et la sécurité. C’est ici que Théo ( Clive Owen) ira justement chercher ce dont la résistance l’a chargé de récupérer en échange d’une coquette somme d’argent. Mais la vrai raison de ce marché est plus qu’une question d’argent pour cet ancien activiste « à la retraite » qui assiste en témoin apeuré à cette « apocalypse » que les fils de l’homme on appelée au fil des années.
Il n’y pas plus rien d’humain dans ce monde. L’art est devenue une denrée rare que seule les riches ont à leur porté et qu’ils gardent cachée des turpitudes du monde extérieur. Après tous la plèbe est incapable d’en apprécier les bons goûts et les messages. Les écoles ont fermés leurs portes car les enfants ne laissent plus leurs cris étouffer les disputes des adultes ( quoique rien, pas même l’image d’un enfant, ne semble arrêter les massacres) qui dans leurs désespoir se livre à une bataille où la seule issue( cette jeune femme enceinte originaire du Ghana) se trouve de plus en plus hors de portée de leurs fusils.
Un grand film dont le fond propose maintes explications et études*2. Bravo!
*selon Première
*2. Je conseil l’article que Wikipédia consacre au film et également le blog http://houseofgeeks.centerblog.net/