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toquedefilms
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Des critiques, des essais, des photos...Tout pour le 7e Art...enfin presque...
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14.09.2007
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Essai sur le Cinéma

Essai sur le Cinéma

Posté le 20.04.2008 par toquedefilms
Préambule

En aucun cas cet Essai prétend à la perfection et à la leçon de cinéma. Bien au contraire il présente une vision en construction et en perpétuelle évolution. Cinéphiles, Historiens du cinéma, Théoriciens, réalisateurs, pardonnez mes lacunes et ma naïveté.
Bonne lecture



I) Sur le réalisateur


Avant toute chose comment doit-on considérer le réalisateur ? Comme un artiste ou comme un technicien ?
L’artiste se représente au préalable dans son imagination le résultat de son travail, avec tout ce que cela implique ( pour le metteur en scène cela revient à imaginer les plans, le montage, les effets spéciaux…) tout en ayant au fond de lui une partie de son imagination qui crée plus que ce que le réel peut lui offrir. Tandis que le technicien travail avec ce qu’il a devant les yeux et les mains. De plus il n’est pas seul comme l’ait l’artiste en général. Non le technicien fait partie d’une équipe qui est la véritable « mère » du film. Il est possible, à ce niveau d’explication, de considérer le réalisateur comme un artiste mais seulement en tant que « observateur » du résultat final. Il est seul et la préparation du projet ( l’écriture, le choix des acteurs, les repérages…) n’est qu’à imputée à lui-même (si c’est le cas bien sur). Cependant dans un souci de rapidité et d’efficacité ces tâches peuvent échouer à d’autres, mais le réalisateur voit son rôle d’artiste diminuer puisqu’il n’est plus seul.
La tâche qui lui incombe est celle d’effectuer un maximum de travaux préparatoires seul. En somme le réalisateur peut apparaître ici à la limite des deux mondes : celui de l’artiste et du technicien.
Mais là où il penche plus vers le monde de la technique concerne le moment de la production et de la post-production ( c’est-à-dire le tournage puis les derniers travaux auxquels le film est sujet : montage, musique, effets spéciaux si nécessaire…) où le réalisateur se doit de collaborer et de diriger toute une équipe tout en restant le seul maître à bord. Pour mieux cerner ce rôle de « chef » il suffit de faire une comparaison avec un chef d’orchestre ; il se doit de connaître chaque instrument et de conduire ceux-ci dans la direction qu’il souhaite ( artiste) mais se doit de garder les pieds sur terre car il ne peut en demander plus aux instruments (technicien). En somme le réalisateur se plie aux exigences de ce que la réalité ou la technologie lui offre. Même si celle-ci a atteint les sommets ces dernières années, les exigences ,elles, ne diminueront pas.
Dans ce cas là à qui revient le « titre » d'artiste? Pourquoi pas à l’équipe artistique du film ( scénariste, dessinateur, chef opérateur, designer sonore…) ?
D’autre part un metteur en scène se doit de s’approprier le talent et les idées de ses collaborateurs tout en respectant leur travail et leur statut d’être humain dans le but de faire d’un projet une vision personnelle et en même temps celle de toute une équipe.
Il est également à penser qu’un metteur en scène ne doit pas se risquer, ou à ses risques et périls comme on dit ( la réussite ne se calcul pas si aisément) à imiter un style de mise en scène typique d’un autre cinéma. On voit que les seuls films français qui se sont essayés à filmer à l’américaine se sont révélé être de bons films mais qui d’une certaine manière gênaient car notre œil avait cette sensation de déjà vu mais ce renouveau ne correspondait pas à notre expérience visuelle. Ce fut le cas pour "Vidocq"ou « Le pacte des loups », notamment pour le dénouement qui nous offre une bataille entre le méchant et le gentil à coup d’épées surréalistes et autres effets à « l’américaine ». Néanmoins Christophe Gans, sur son dernier film ( le génialissime « Silent Hill ») s’est entouré d’une production américaine ( également française et japonaise) qui lui a offert les moyens et les acteurs nécessaires pour réaliser un film aux ambitions visuelles énormes.
Marc Caro confessait à l’Écran Fantastique qu’il faut cultiver ce que l’on connaît et ce que l’on sait faire. Notre patrimoine a beaucoup à nous offrir et nos souvenirs d’enfance et les différents courants artistiques qui ont ou non bercés notre jeunesse sont capables de générer de bonnes idées. Pourquoi s’approprier un genre ou une culture et accompagner tout cela de dizaines de caméras qui filmeront tout azimut la moindre action ? Les américains pratiquent cette politique à la fois astucieuse et enviable qu’il ne faut en aucun cas copier sauf si vous avez la possibilité de tourner dans ce pays. Cette loi est applicable pour toutes les nations. C’est d’ailleurs un doux rêve que celui de pouvoir cerner tous les pays du monde avec de simples films qui respecteraient l éthique, la technique et le savoir faire du dit pays.


« La nuit américaine » (citation)

« Qu’Est-ce qu’un metteur en scène ? Un metteur en scène c’est quelque un à qui on pose sans arrêt des questions, des questions à propos de tous. Quelque fois il a les réponses mais pas toujours. »




II) Sur les idées et les sensations

La partie qui suit est co-écrite avec Maxime Fourmont. Les phrases entre parenthèses sont de lui.

La technique trouve à cette époque sans équivalent un secours non négligeable. Elle permet la création de nouveaux genres et de nouveaux codes(« Le progrès technique amène de nouvelles choses jamais vues, jamais faites... » tandis que les idées tirées exclusivement de l’esprit humain deviennent rares. Quelques « Outsiders » tels que « Mémento », « Requiem for a dream » ou bien encore « Fight club » permettent tout de même de garder espoir. Mais jusqu’où la « machine limitera t’elle l’esprit humain ?
Car il me semble beaucoup trop facile de se reposer entièrement sur la technique mais l’évolution s’est poursuivit de cette façon et un genre reste un genre.
Il ne faut donc pas rejeter des films d’animations tel que « Le monde de Némo » ou « Monstres et Cie », les mixtes de genres avec des films très réussis tels que « Sin City » ou « 300 » mais garder en tête que l’inspiration purement humaine semble se ralentir.
Même si un certain nombres d’Artistes comme D.Lynch ou Wong Kar Wai nous plongent entièrement dans leurs univers, et par la même tracent une route empruntée par nombres de réalisateurs, ces hommes sont bien rares( tout du moins à être mis en valeur).
«On a des sentiments de déjà vus car Ils [, les producteurs, Les grandes firmes] nous donnent ce que nous voulons, ce qui se vend (d'où les modes de genres, etc) Mais peut être un jour en sortirons-nous et on verra des films réellement d'auteur mais avec des budgets massifs, du jamais vus depuis « L'Aurore » de Murnau, et peut-être que là les auteurs auront réellement le Pouvoir de créer. » Maxime Fourmont.

III) Sur les effets spéciaux

Autre aspect du cinéma, aussi bien positif que négatif, les effets spéciaux. C’est bien plus la peur de voir ceux-ci vieillirent qui me force à en parler. Pour cela deux exemples plutôt simples : les deux trilogies Star wars. La première a utilisée habillement l’ordinateur et les maquettes tandis que l’autre ne s’est basée que sur les avances technologiques du moment en privilégiant l’ordinateur et ses divers logiciels. J’ai bien peur que cette deuxième trilogie ( beaucoup moins magique) ne prenne plus de rides en dix ans que les trois premiers épisodes qui jusque-là sont toujours aussi fabuleux. Face à la croissance plus qu’extensive des effets numériques ( on peut aisément comparer ceux-ci aux différentes consoles de jeux qui dépassent à chaque fois les limites du possible pour de nouveau les repousser quelques années plus tard) le recours à la pellicule tout comme aux maquettes ajoutées à quelques effets numériques calculés me sembles être une nécessité ainsi qu’une excellente symbiose. Déjà expérimenté avec entre-autre par « Gladiator » de R.Scott ( le colisée était en partie construit à partir de vrais matériaux tandis que le reste, le haut surtout, était numérisé.). Nous pouvons néanmoins nous rassurer car Star wars ne perdra jamais de sa magie tant sur le plan des histoires que sur le plan techniques ( il y aura toujours des versions remasterisées à foison).

IV) Sur les pensées du spectateur

Comment être en mesure de deviner les pensées du spectateur ?
Il nous arrive souvent, dans la rue, d’être tout d’un coup confronté à une tierce personne qui tout comme nous ne sait où aller pour éviter de nous rentrer dedans. Bien entendu la moindre initiative est de même de part et d’autre. Le cinéma semble fait face à ce problème. Le spectateur devine de plus en plus les pensées du film. Et ce malgré le suspense instillé par le scénario.*2 C’est plus le cinéma pour grand publique qui est visé ici. Mais il faut dire que celui-ci est bien plus privilégié que le cinéma d’auteur. Pour cela je prendrais l’exemple du film « 16 Blocs » de R.Donner.. Une mise en scène plus que correcte et ce dans tous les domaines, alliée à un montage de grande qualité qui laisse planer le doute jusqu’au dernier moment(particulièrement la scène de l’ambulance à la fin). Cependant au cour de certaines scènes, moi-même et les personnes qui étaient présente devinions un certain nombre de rebondissements scenaristiques voir technique( comme le montage).
Ainsi à force de jouer avec le spectateur celui-ci s’est plus que prêter au jeu, il l’a fait sien. Combinée à des idées qui s’étiolent et à la prédominance de la technique( ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi) le cinéma se doit de se « moderniser » et de deviner les pensées du spectateur pour ne pas, comme le passant, emprunté la même voie que lui.
Néanmoins il est vrai que sans le savoir le spectateur ou plutôt son inconscient éveil en lui durant la séance, soi de l’émerveillement soi un sentiment de gêne sinon pire !
Un autre aspect qui mérite d’être mis en valeur : le son. Dans cette nouvelle logique de provoquer la surprise qu’a le cinéma, il lui est également échu de revoir la façon dont certains sons sont assignés à des situations, des personnages ou des animaux. Par exemple dès que nous voyons apparaître à l’écran un cheval nous entendons le même hennissement depuis des années ( faites vous-même cet essai avec divers films) ou bien encore le cri d’un groupe d’enfants qui s’en va jouer ( le dernier en date à utiliser cet effet sonore est Saw 3, pendant que le père de l’enfant médite dans la chambre de son fils défunt et s’entraîne à faire face au meurtrier).
Un autre élément qu’il n’est pas toujours simple à saisir est le rôle de premier plan que l’inconscient joue sur le spectateur. Il est presque toujours question de nous identifier à un personnage parmi tous ceux qui nous sont proposés. Le personnage de Ibn Fadlân, Dans « Le treizième guerrier » de J.McTiernan, interprété par Antonio Banderas, nous présence un érudit habitué aux fastes et aux lumières de la cour de Bagdad envoyé en ambassade auprès du roi des Bulgares de la Volga par le Calife. Dans cet enfer de brume et de sang il deviendra ce dont il n’avait jamais imaginé être un jour, un guerrier. On rêve souvent de quitter notre quotidien et d’endosser un rôle que nous souhaiterions revêtir. Ainsi il est nécessaire de faire ressentir au spectateur, même inconsciemment, ce vœu qu’il se cache peut être à lui-même.



* Il existe d’autres exemples et d’autres metteurs en scène qui nous rappellent que certains thèmes tels que le surréalisme ne sont pas mort. Mais cet essai deviendrait bien vite ennuyant si je vous énumérais le moindre brin de paille demeurant dans cette meule.

*2 : Je ne compte pas ici les Outsiders cités plus haut.




V) Qu’est-ce que le cinéma ?

Comment définir le dernier des Arts né ? Théories, films, livres et débats attirent de tous temps un nombre important d’intellectuels hasardeux. Pour ma part c’est avec une approche sans cesse changeante et emprunte d’écoutes et de lectures diverses que je souhaite apporter ma contribution.

On sait que la plus grande magie du cinéma c’est de faire voyager les spectateurs dans une autre dimension en leur présentant un monde totalement différent du leur ou au contraire de leur montrer la réalité d’une toute autre façon ( de manière à les faire rire ou pleurer, à les rendre heureux voire enthousiaste ou bien les effrayer). Le cinéma joue avec la vie et la mort en capturant visages et attitudes qui sont des témoignages éternels d’hommes et de femmes qui ont atteint l’éternité. On peut en dire autant de la mission humaniste de certains films qui pointent justement les comportements passés ou actuels des Hommes ou des États qui oublient très vite leurs rôles ou les lignes d’actions à respecter. Parfois utile ou futile le cinéma sauve ou permet de rendre hommage à des vies et des actions dignes de rester dans les annales. Bien entendu rien de tout cela ne serait si le progrès de la technique et l’apport dans ce domaine d’hommes compétents et passionnés ( et pour quelque uns guidés par l’attrait du gain) n’avait pas été au rendez vous. On pense à Edison, au frère Lumières et à Méliès ( et à tant d’autres !!!). Mais d’une certaine façon le cinéma fut une bête de foire destinée à rassasier l’appétit curieux de la plèbe. Encore de nos jours toutes nouvelles innovations techniques susceptibles d’amuser le peuple attire celui-ci même si pour cela son argent doit sous une impulsion difficilement condamnable ,car la passion l’emporte souvent sur l’esprit ( défaillance de l’être humain), l’obliger à se déplacer pour voir une œuvre qui ne serait rien sans l’innovation qui lui sert de géniteur. Pourquoi le cinéma semble s’attacher à être un art populaire ? Peut-être parce qu’il est, pour reprendre les propos de Kracauer, le repère des pauvres, des amoureux, des chômeurs et de quelques intellectuels hasardeux. On serait tenté de se pencher de ce côté de la balance en se représentant l’image classique du bourgeois perché et assit au milieu du balcon d’un immense théâtre, tenant à la main une paire de jumelle, en train apprécier un opéra ou une pièce de théâtre dont le prix d’entrée ne défit aucune concurrence. Mais tout comme le théâtre, le Cinéma procure « des émotions, des émotions et encore des émotions » comme le disait S.Fuller. Les acteurs ont d’ailleurs cette responsabilité et le cinéma met en avant ce métier et cette façon de délivrer l’inconscient dans le but d’être à la fois un personnage et « autre » que soi-même. C’est à ce moment clé que la césure sépare plus ou moins également le Théâtre et le Cinéma. Moment important car les différentes valeurs de plan guideront l’œil du spectateur pour mieux le poser près de l’acteur, et ceci dans le but de rapprocher spectateurs et acteurs. Ce partage d’émotions est l’une des clés principales de la réussite ( si bien entendu le scénario est la hauteur et que l’équipe artistique et technique sont à la mesure du travail qu’on attend d’eux.)

La révolution de l’image ( pour reprendre le titre d’un article paru dans « L’écran fantastique ») a également vu sa contribution donner le jour à de nouvelles façons d’appréhender le Cinéma. En effet en plus de (re)donner vie à des personnages les films purement visuels sont capables de plonger le spectateur dans l’émotion d’un autre art ( la peinture avec « Au-delà de nos rêves »,les mondes oniriques ou artificiels avec « Renaissance » et « A scanner Darkly », la bande dessinée avec « 300 », « Sin City » ou « 30 jours de nuit »). « Ces nouveaux films » sont également en mesure de concilier deux univers bien distincts dans lesquels la réalité humaine s’efface progressivement pour mieux conserver son essence et garder son identité ( « A.I » dans lequel l‘homme s‘efface devant la machine, celle-ci semblant être le seul être capable de sentiment et d’état d’âme, L'Homme a crée cette vie pour garder une trace de ce qu'il fut jadis).






VI) Citations

« La partie centrale du triptyque c'est de la prose et les deux parties latérales sont de la poésie, le tout s'appelant du cinéma. » A.Gance

« Un grand film, c’est comme un pont fantastique jeté entre une époque et une autre » A.Gance


« Les films doivent être des dessins doués de vie » Herman Warm


« Je souhaite approcher par le film la complexité de la pensée, son mécanisme interne. Dès qu'on descend dans l'inconscient, l'émotion naît. Et le cinéma ne devrait être qu'un montage d'émotions ». A.Resnais

Le montage, comme le dit Patrick Berger, est spécifique au cinéma tout comme l'est la construction à l'architecture. Il nécessite une certaine dextérité, cela afin de parvenir au "passage d'images mortes à des images vivantes" (R. Bresson).

Les deux temps importants du cinéma sont le tournage et le montage: "le tournage est comme le chantier du film, ses fondations alors que le montage lui permet de donner une vie et une forme au film" (T. Schoonmaker, monteuse de M. Scorsese).


« Le montage est l'art d'exprimer ou de signifier par le rapport de deux plans juxtaposés de telle sorte que cette juxtaposition fasse naître l'idée ou exprimer quelque chose qui n'est contenu dans aucun des deux plans pris séparément. L'ensemble est supérieur à la somme des parties. »

Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein



"Le spectateur ne doit pas avoir conscience de la caméra, il ne doit pas la sentir" (R. Wise)


"Je crois que le film idéal est celui où l’on est jamais conscient que le metteur en scène ait fait quoi que ce soit délibérément" (Otto Preminger)


« Un livre est un univers intérieur alors qu'un film est extérieur »

Mick Garris à propos de « Désolation »


« Ce n'est pas parce-que le budget monte que le sentiment de liberté croît »

Benoit Jacquot dans les Cahiers du cinéma, avril 2008 ( numéro 633) page 29


"Tous les cinéastes dépendent du même triangle: la profession, la critique et le public. Si vous avez deux côtés sur trois, vous pouvez continuez à faire des films. Généralement quand vous avez le public vous avez la profession."

Benoît Jacquot, les "Cahiers du cinéma", numéro 633




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