Posté le 05.10.2007 par toquedefilms
SYNOPSIS
Xavier (Romain Duris), étudiant en sciences économiques, rêve d'être écrivain. Mais son destin semble être d'intégrer le ministère des Finances grâce à un ami de son père, qui lui conseille d'aller vivre une année en Espagne, afin d'acquérir une spécificité qui favorisera son embauche. Il décide donc de faire une année d'études à Barcelone grâce au programme Erasmus.
Loin de sa copine Martine (Audrey Tautou), il se retrouve à partager en colocation un appartement avec d'autres étudiants étrangers (une Belge, un Allemand, une Anglaise, un Danois...). Entre dépaysement, choc culturel, difficulté de la langue (les cours sont en catalan alors qu'à l'étranger on apprend le castillan), il commence à s'intégrer en profitant de sa vie d'étudiant.
AVIS PERSONNEL
Un désordre organisé comme le précise Xavier ( campé par le sympathique Romain Duris): voilà comment on peut résumer ce film et également sa suite ( "Les poupées russes").
Mais tout d'abord restons en au premier jet de cette trilogie centré sur le personnage de Xavier.
"L'auberge espagnole" explore des thèmes pour la plupart relatifs aux domaines sociales et humains.
En effet les nouvelles structures et débouchés liés à l’émergence de la Nouvelle Europe démontrent à quel point l’anarchie règne dans la nouvelle administration. A l’image de la demande d’information de Xavier pour un dossier Erasmus, un véritable casse tête; autorisations d’ici et de là-bas, carte d’assurance étudiant…Bref vive l’Europe et l’administration française !* *2
Également présent le problème d’identité qui touche les différents pays du monde et surtout l’Europe ( via la mondialisation). Bien entendu c’est l’Espagne qui est mise en valeur et le problème Catalan ( pas forcément lié à la mondialisation effectivement). Cette demande de Cécile de France,en plein cours, au professeur catalan de parler espagnole pour plus de facilité de compréhension lui est renvoyé droit au visage: « si vous voulez parler espagnol allez à Madrid où en Amérique du sud! »
Mais l’échange entre Isabelle ( Cécile de France) et un catalan d’origine africaine résume parfaitement cette névrose de l’identité. L’une des morales du films peut d’ailleurs se résumer au fait que malgré la langue et la culture nous sommes tous issus de l’humaine condition ,pour reprendre( très mal) le Grand Montaigne.
On en apprend également beaucoup sur l’homme moderne. Notamment sur ce penchant pour l’adultère que beaucoup pratiquent en toute impunité et sans ressentir de gêne*3. Xavier fait partit de ceux-là. À chaque instant on sent le désir naître pour chaque fille et femme qu’il croise ( très bien illustré au moment où Xavier tente de se concentrer sur son travail mais perturbé par les apparitions de Cécile de France, de Judith Godrèche et de bien d’autres encore!). Malgré cette infidélité totale on parvient à le comprendre à souffrir avec lui (sur le moment en tout cas) quand deux d’entres elles le « lâchent » .
Ces actes de fraternité timide qui se manifestent dans des endroits sporadiques de notre société trouvent place dans le monde de Cédric Klapisch. La séquence qui illustre le mieux cela se situe au moment où le petit amie de Wendy (Interprétée par la très belle et très talentueuse Kelly Reilly, l’une des colocataires de Xavier)
Souhaite rendre une visite surprise à Wendy alors que celle-ci se trouve avec son amant( infidélité toujours). Tous vont courir dans les rues de Barcelone dans le but d’arriver avant le dit petit ami. Et c’est le bouffon de service ( le frère de Wendy), celui qui exaspère tout le monde, qui parvient à éviter le pire. Très bon retournement de situation et de personnage.
Concernant la technique, que de bonnes choses. Cette façon de filmer si près des sujets et des lieux fait penser à un documentaire mêlé à de la fiction tandis que les découpages, montages d’images simples ( cet avion dans les airs qui va à droite et à gauche,selon les allés et venus des héros) et les incrustations rendent cet ensemble très ludique.
Ce qui laisse à penser que le travail de préparation fut consistant et complet.
En conclusion un film très humain qui vise ( et critique?) justement les problèmes internationaux et humains et également nantit d’une interprétation de très bonne qualité ( Romain Duris, Judith Godrèche, Kelly Reilly, en tête).
A voir également « Les poupées russes ».
* Terry Gilliam et son « Brazil » sont de dignes prophètes !
*2 : Comme cela était moins compliqué avant ( c’est-à-dire pendant l’Antiquité voire Moyen-âge) comme le précise Xavier. Oui, pas de pollution, pas de numéros de sécurité social et d‘assurance, pas de matricule, pas de permis de conduire. D’autres problèmes certes ,mais que l’on regrette tout de même cette époque vierge de toute pollution ! (technologique du moins)
*3: La différence sexuelle est également mise en valeur ( le penchant d’Isabelle pour les femmes notamment)
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Posté le 24.09.2007 par toquedefilms
Un concept plutôt original, mis en valeur trois films qui poussent toujours plus loin les limites. Malgré un premier volet très inférieur aux deux autres métrages qui l’on suivit, il n’empêche que son personnage central, Jigsaw, se présente comme le premier philosophe moraliste aux méthodes pour le moins insolites.
La vie est un don qui nous a été donné (on ne sait par qui et pourquoi) et chaque jour qui passe est un morceau de nous-même dont les Parques* s’emparent. Les victimes sont en fait les coupables et seuls responsables de ce jeu macabre. Que cela soit les protagonistes de Saw 2 (tous d’anciens détenus et pour la plupart non réhabilités et un adolescent voleurs et effronté ) ou de Saw 3 ( la femme adultère, un père obnubilé par la vengeance, [on le comprend], une apprentie Jigsaw en dehors des règles qu’elle se doit de respecter…).
Jigsaw n’est pas un tueur puisque ses victimes s’auto-tue d’elles-mêmes. Si elles tiennent tellement à la vie elles se doivent de réussir une épreuve pour le moins horrible, je vous l’accorde, mais qui leur ouvrira les portes( et peut être les tripes) d’une nouvelle vie où cette fois-ci chaque instant et chaque souffle sera vécue à sa juste valeur. ( A chaque film Jigsaw construit pour ses victimes un vaste casse tête qui lui permet de sonder l’âme humaine et de trouver de cette façon la meilleure « rédemption » possible, je ne mets en valeur ici que l’idée principale, à vous de voir les trois films.)
A préciser également que Jigsaw ( campé par l’excellent Tobin Bell) ne tue aucune de ses victimes de ses propres mains et si l’une d’entre elle parvient à se sauver d’elle-même, celle-ci est libre de (re)vivre, ( Cf. Amanda dans la premier Saw). Le « tueur » purifie en quelque sorte ses victimes
Du point de la technique Saw 2 et Saw 3 supplantent largement le premier ne serait-ce que par le rythme que les deux métrages nous imposent. Des ralentis qui font placent à de violentes accélérations, un montage efficace, une palette de couleurs aux tons ambre-jaune, vert et bleu, subtilement répertoriées selon les situations et les lieux, sans oublier les ombres où surgit le pantin au tricycle. Et bien sur des surprises et de surprenants retournements de situations doublé d’un casting très honorable ( exception pour le premier où les deux principaux acteurs en faisaient peut-être trop ou pas assez) font de ces trois films une œuvre à découvrir.
Ainsi donc La trilogie Saw nous donne une bonne leçon de vie tout en nous montrant de quoi l’homme est capable pour accomplir une mission sacrée (tout comme les chrétiens du temps des Croisades ou les fanatiques musulmans de nos jours). Et ceci repousse encore plus loin le jour où l’espèce humaine sera capable d’évoluer dans un chemin « plus qu’humain».
* : Les Parques, divinités maîtresses du sort des hommes. Elles se nomment Clotho, Lachésis et Atropos, elles veillent non seulement sur le sort des mortels, mais encore sur le mouvement des sphères célestes, et l'harmonie du monde. Elles ont un palais où les destinées des hommes sont gravées sur le fer et sur l'airain, de sorte que rien ne peut les effacer.
Posté le 15.09.2007 par toqué de films
L’armée des morts
Unanimement salué par la critique, « Dawn of the dead » ( titre original) est un remake très réussi qui parvient à se détacher des autres films du genre ( l’excellent « 28 jours plus tard » en passant par l’exécrable Resident evil 2 : Apocalypse). Inutile donc de revenir sur ce qui a fait son succès mais plutôt de mettre en valeur les messages( une partie du moins) que le film véhicule. On peut tout d’abord y apercevoir divers hommages au film original de G.Romero : par exemple l’alignement méticuleux des maisons américaines ( au moment où la jeune infirmière rejoint son domicile) rappel à sa façon la critique de la société américaine que Romero attaquait par l’intermédiaire « d’un coup de gueule » envers la société de consommation.
La religion est également présente ( elle l’ait toujours quand les hommes n’ont plus aucune issue et que la peur les tiraille) à travers deux visions opposées. La télévision reste le dernier moyen pour ces rescapés de se tenir au courant de ce qui passe à l’extérieur, c’est d’ailleurs par elle que le discours d’un révérend leur parvient*. Satan nous envoi ses morts car le sexe est pratiqué en dehors du mariage et avec des préservatifs, car nous pratiquons l’avortement, car nous entretenons des relations homosexuelles…En bref la peur de l’homme et son incapacité d’être libre par lui-même,(et d’être conduit avec le reste du troupeau), le conduit à s’en remettre à un Message archaïque qui lui ôte toute liberté d’agir ( dans la limite de ce qui est permis). Ce n’est pas par hasard que ce message est délivré par l’intermédiaire de la télévision. On sait de quelle façon elle est capable de lobotomiser n’importe qu’elle d’entre nous et à commencer par les enfants. Une double critique donc. La pareille est renvoyée au cours d’un bref échange entre les rescapés : l’un d’eux ne peut croire en Dieu car il ne comprend pas ou plutôt il ne voit comment on pourrait croire en lui. A l’image, par exemple, des agissements des membres de l’Eglise chrétienne qui laissèrent la possibilité à de nombreux nazis d’être évacué en Amérique du Sud en échange de quelques billets*2.
Un autre point à souligner et qui est l’objet d’une polémique. Le générique du film comporte un plan fugitif (subliminal?) de musulmans priants dans une mosquée au milieu de plans de zombies ». Autant dire tout de suite que les musulmans ne sont nullement montrés comme étant des zombies ou choisie d’être les victimes des morts vivants. Cette image peut interpréter de la façon suivante : Face à tant d’incompréhension et au milieu des monstres les croyants s’en remettent à Dieu. Pourquoi montré les musulmans ? Eh bien tout simplement parce que la religion musulmane est celle qui fait le plus parler d’elle en ce moment tout comme les chrétiens firent parler d’eux dès la mort du Christ. Involontairement Zack Snyder montre à quel point il est difficile de communiquer dans notre monde actuel. Ne dite plus juif ou arabe ou bien l’étiquette « Nazi » et « Raciste » vous sera collée en pleine figure !
* : A souligner qu’au moment où plus aucune information ne parvient au petit groupe, seulement des parasites, leur angoisse devient la nôtre ( si l’on est totalement plongé dans le film) car nous savons maintenant que si il n’y a plus de télévision alors c’est que le monde s’est éteint.
*2 voir l’excellent « Amen » de Costa-Gavras.
Posté le 14.09.2007 par Chapelier toqué
Babel
Synopsis : En plein désert marocain, un coup de feu retentit. L'incident implique plusieurs destinées : un couple de touristes américains en quête d'un second souffle, deux jeunes Marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains et une adolescente japonaise sourde et muette.
Un titre qui annonce déjà sa visée *1 : rassembler tous les langages existant et d’écouter ce que l’Autre a à dire. Pari gagné ! Les préjugés sont monnaies courantes dans nos sociétés et ce film nous rappel à quel point nous somme proches de ceux que nous connaissons mal, ou plutôt que nous ne connaissons plus.
Tour à tour une œuvre d’un naturalisme justement pesé, une satire et un message humaniste ( sans oublier bien sur un montage et une direction d’acteur exemplaire), « Babel » est une œuvre unique et le troisième volet de la trilogie de l’excellent Alejandro González Inárritu après « Amours chiennes » et « 21 grammes ».
Notre regard se pose tour à tour sur les vastes plaines désertiques du Maroc, sur le folklore mexicain et la magie de Tokyo.
Le Maroc
La vie au Maroc tout d’abord, chose qui pourrait paraître risquée car montrer le quotidien d’une famille marocaine pourrait ennuyer à la longue. Bien au contraire, l’image et la musique combinées aux performances des acteurs captivent littéralement. On écoute le message et l’on comprend que ces deux enfants ressentent nos tourments d’adolescent, le désir sexuel ( voire l’inceste, ce qui est le cas dans le film, suivi de la masturbation), la volonté d’être le préféré de « papa », l’exclusion( notamment pour le grand frère qui se voit supplanté par le benjamin, celui-ci étant meilleur tireur), la peur d’assumer ses fautes…
Ce n’est pas parce que notre culture diffère d’une autre et que les kilomètres nous séparent que nous sommes supérieurs ou inférieurs voire différents de l’Autre.
Toujours situé dans le même espace géographique et en lien avec la Connaissance de l’Autre, le couple de touriste américain. Loin de trouver la détente à laquelle ce voyage les destinait Susan Jones ( Cate Blanchett) et Richard Jones (Brad Pitt) s’accusent l’un l’autre des malheurs qui les touchent. Cette main qui effleure celle de Richard, quelque instant avant que la balle n’atteigne Cate Blanchett, et qui se retire ensuite est le symbole parfait de leur relation en désuétude. Mais les évènements vont les rapprocher et leur permettre de se (re)connaître.
On retrouve de nouveau la même thématique du langage perdu (cf. La tour de Babel) qui se retrouve.
Le Mexique
Alejandro González Inárritu, par l’intermédiaire des deux enfants américains ( ceux du couple de touriste), nous immisce dans l’univers du Mexique. Tout comme eux nous découvrons un nouveau monde qui pour une fois est en corollaire avec nos représentations. La scène qui est le plus en mesure de souligner l’impact de cette découverte est celle dans laquelle le neveu de la nourrice, qui a amenée les enfants au mariage de son fils, conduit les deux petits américains et le reste de la marmaille dans un poulailler. Ce qui semblait être un jeu pour eux se transforment en peur et en incompréhension. En effet au moment où l’un des deux enfants capture un poulet, l’adulte rassemble l’ensemble des bambins et sous leurs yeux devise la tête d’un des poulets. Tandis que les petits mexicains courent après la carcasse en proie aux derniers réflexes des nerfs, la caméra se fixe sur l’expression de total désarroi du petit américain. Mais d’autres (més)aventures les attendent !
Tokyo
On a pu découvrir son caractère unique et magique tout aussi déroutant dans le très sympathique « Lost in Translation » de Sofia Coppola. L’apport d’ Inárritu met l’accent sur l’une des jeunesses les plus unique au monde.
« Battle royal » la montrait déjà sous ses deux aspects : violente et innocente ou plutôt en proie aux exigences de la vie. Je rappel que le taux de suicide est très élevé chez la jeunesse japonaise. Bref, on retrouve tous cela dans Babel par l’intermédiaire de cette adolescente japonaise sourde et muette. Tout ce qu’elle demande c’est être compris et que sa détresse( et ses besoins d’amour via le sexe) le soit aussi. Mais comment se faire entendre quand on est sourd et muet ? Par la colère ? La drogue (Seul moment du film où elle parvient à rentrer en connivence avec le monde qui l’entoure*2 et de se voir enfin désiré) ? Par les larmes ? Le suicide ?*3
Une satire
Elle se présente sous trois principaux aspects : tout d’abord à l’encontre des touristes en passant par la télévision et ses ribambelles de journalistes et enfin les relations d’Etat à Etat.
Les touristes se rapportent naturellement à « Nous » dans le sens où le manque de discernement, de culture et d’éducation (tout du moins pas entièrement basée sur la télévision) les et nous conduit à stéréotyper les indigènes. Ces regards indécents et candides tout à la fois se posent sur les autochtones comme sur de simples animaux exposés dans un zoo. Puis vient le moment de s’arrêter dans un village voisin. Pas question, ces gens sont dangereux et détestent les occidentaux ! Ils vont nous égorger ! Voilà le portrait brossé du touriste ordinaire. A noter néanmoins que quelques-uns d’entre eux sont très affables et ouverts. Comme quoi la règle de la minorité s’applique aussi bien aux indigènes qu’aux étrangers.
La presse n’échappe pas à la satire, nonobstant son côté « pratique » de diffusion de l’information ( quand elle n’est pas déformée ou manipulée), Babel met en avant cette manie de filmer le plus près possible le malheur d’autrui. Comme il est gênant pour nous, société plutôt aisée et exempte de toute guerre ouverte, de voir cette souffrance alors qu’une table bien garnie nous attend.
Dernière victime : les Etats. Ce n’est pas à proprement parler eux qui sont visés mais les difficultés d’entente entre-eux. Je m’explique. Il est nécessaire à Susan ( Cate Blanchett) de se faire évacuer dans un hôpital. Cependant les Etats Unis ( par l’intermédiaire de l’ambassade prévenue par un proche du couple) se refusent à laisser les autorités marocaines s’occuper de cela, prenant cet incident comme une attaque ouverte. Le temps passe et la vie ne tient qu’à un fil pour Susan.
Sur le plan humain, Babel en ait remplit. Mais j’aimerais mettre en relief le fait que les musulmans nous sont montrés comme faisant partie intégrante de la communauté humaine et que le terrorisme ne concerne qu’une partie d’infidèles fous et lâches qui entachent cette religion. D’autre part une image très forte et très bien mise en valeur se situe au moment où Brad Pitt tend une poigné de dollars au guide marocain pour le remercier de son aide, celui-ci refuse catégoriquement. Un geste plein d’humanisme et de solidarité.
En sommes Babel est un film envoûtant et nantit d’un important message.
Cette critique succincte ne met pas en valeur tous les nombreux aspects de ce long métrage mais témoigne de ce qui m’a le plus touché.
*1 : Babel est le nom désignant la ville de Babylone dans la Bible hébraïque, ville dans laquelle est supposée avoir été construite la tour de Babel.
La tour de Babel est évoquée dans la Genèse, au chapitre chapitre 11, versets 1 à 9 :
« Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. Comme ils étaient partis de l’orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent. Ils se dirent l'un à l'autre : Allons ! Faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment. Ils dirent encore : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre. L'Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l'Éternel dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu'ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté. Allons ! descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres. Et l’Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la Ville. C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Éternel les dispersa sur la face de toute la terre. »
*2 : La drogue était, selon Baudelaire, un moyen utile de tricher avec la mort en atteignant pour un moment le paradis.
*3 : Le langage trouve, dans cette partie du film, toute son importance.
Posté le 14.09.2007 par Chapelier toqué